ALCOOL ET MÉTHADONE, ANALYSE DE LA BÌBLÌOGRAPHÌE
Dr Christine RÌVÌERRE, Marseille, et la rédaction
du FLYER
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Le
Flyer n°11, janvier 2003.
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| Introduction |
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La
consommation concomitante d'alcool et d'opiacés est
bien établie depuis le 19ième siècle
(4). Les
opiacés ont été utilisés afin
de diminuer ou guérir l'alcoolisme, et c'est en partie
ce qui a entraîné la dépendance à
ces substances. L'efficacité de la méthadone
dans le cadre de traitement de substitution à 'long
terme' (Methadone Maintenance Treatment) a été
prouvée par plusieurs études cliniques contrôlées
qui ont mis en évidence une diminution de la consommation
d'héroïne, de la mortalité, de la transmission
du VIH, de la criminalité et une augmentation de
la re-socialisation des patients (1). Cependant, depuis
l'ouverture des centres méthadone dans les années
60-70, l'alcoolisme est reconnu comme un problème
majeur parmi les patients qui sont dépendants aux
opiacés (4).
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Transfert
d'addiction, automédication psychotrope d'épisodes
dépressifs dans une population au taux de co-morbidités
psychiatriques élevé, problème pré-existant
mais au second plan par rapport à la consommation
d'héroïne et se révélant plus
problématique à son arrêt, recherche
d'ivresse, recherche de sensation contre l'ennui, les hypothèses
sont certainement nombreuses et souvent croisées.
En
tout état de cause, la consommation d'alcool, quand
elle est abusive, rend évidemment la prise en charge
de la dépendance aux opiacés plus complexe,
et met parfois les équipes soignantes en difficulté.
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1. Plusieurs études
s'accordent sur le fait que la consommation d'alcool
est fréquente
chez les patients en MMT
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Il
est difficile d'évaluer les changements dans la consommation
d'alcool à cause de problèmes de méthodologie.
Il convient tout d'abord de définir la limite entre
consommateur d'alcool et personne dépendante à
l'alcool. La dépendance à une substance est
considérée comme réelle par la DSM IV
(Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders) lorsque
3 des critères suivants coexistent : phénomène
de tolérance, de manque, consommation incontrôlée,
échec de l'arrêt, temps important consacré
à se procurer la substance, problème de comportement
social, et utilisation prolongée malgré la présence
de problèmes physiques et/ou psychologiques (8).
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En
revanche, on parlera d'abus (d'alcool par exemple) si au
moins un des critères suivants est retrouvé
sur une période de 12 mois :
utilisation répétée et échec
des attentes d'ordre social, usage répété
en cas de situation à risque, implication d'ordre
légal associé avec l'usage de la substance,
et problèmes relationnels (8).
L'alcoolisme touche environ 10 % des populations européenne
et américaine (1).
Il
constitue un fléau majeur chez les individus en MMT
(avec en parallèle la cocaïne et le SIDA) (1).
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Dépendance
à l'alcool : celle du toxicomane
ou celle du patient
sous méthadone ?
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Selon
la définition de la dépendance à l'alcool
(voire ci-dessus) et selon différentes études,
20 à 50 % des toxicomanes et 5 à 49 % des patients
en MMT (1,2,3,5,8) sont dépendants à l'alcool.
Cette première comparaison met en lumière le
fait que si ceux que l'on appelle 'les toxicomanes' sont dépendants
à l'alcool, c'est plus en rapport avec le statut de
toxicomane qu'avec le statut de patient recevant un traitement
par la méthadone.
Si ce dernier taux (5 à 49 %) est élevé
par rapport à celui de la population générale,
il est cependant similaire à celui retrouvé
chez des personnes dans des situations particulières
de stress (étudiants (!), patients dans les salles
d'urgences) ou dans des situations à risque (accidents
de voiture) (8).
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La
prévalence de la consommation abusive d'alcool est
également élevée dans les consultations
de psychiatrie ou accueillant des personnes précarisées.
Selon une étude (3), 1/3 des usagers de drogues interrogés
utilisent l'alcool pour augmenter l'effet des autres drogues,
et 1/5 pour se calmer après l'utilisation des autres
drogues.
L'influence
de facteurs socioculturels sur la consommation d'alcool
ou d'autres substances illicites est également maintenant
bien établie (5).Cependant,
on en sait peu sur l'influence de ces facteurs chez des
individus en MMT et leur attitude par rapport à l'alcool.
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| 2.
Influence de la méthadone sur la dépendance à
l'alcool |
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Si
certains auteurs suggèrent que le taux d'alcoolisme
augmente avec l'entrée en MMT, d'autres ne voient
en revanche aucun changement (2,5,8,10) :
- Dans une étude (2), la diminution de consommation
d'alcool par certains individus
(10 %) a été compensée par une augmentation
de la consommation par les autres
(10 % également).
- Des chiffres montrent que l'excès de consommation
d'alcool persiste chez beaucoup d'anciens et d'actuels patients
en MMT (3).
- Dans une autre étude évaluant l'attitude
par rapport à l'alcool chez des individus en MMT,
il apparaît que le traitement méthadone n'a
que peu d'effet sur la consommation d'alcool ; les facteurs
socioculturels seraient déterminants (5).
La
plupart des patients n'ont pas de problème lié
à l'alcool avant l'entrée en MMT et n'en développeront
pas par la suite.
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-
Une troisième étude s'est basée sur plusieurs
paramètres, dont un interrogatoire aux patients, et
des paramètres biologiques : SGOT, SGPT, GGT, VGM,
SGOT/SGPT, GGT/SGPT. Elle montre clairement que les personnes
dites 'alcooliques' en début de traitement le restent
par la suite, et leurs anomalies biologiques ont tendance
à s'aggraver. En revanche, les paramètres biologiques
des patients non alcooliques restent dans la normalité
tout au long de l'étude (8).
- L'étude d'Hillebrand (3) met en évidence l'idée
que si l'alcool est utilisé à des fins précises
(par exemple à augmenter l'effet des autres drogues),
les patients ne désirent alors pas changer leurs habitudes
; en revanche, ceux qui utilisent l'alcool sans aucun but
précis sont plus enclins à diminuer voire à
arrêter leur consommation (3).
Les dépendants à l'alcool restent plus longtemps
en MMT que les patients consommateurs d'alcool mais non alcoolo-dépendants
(9)..
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| 3.
Autres facteurs influençant la dépendance à
l'alcool chez les patients en MMT |
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La
cocaïne
Les taux de co-consommation de cocaïne et d'alcool
sont élevés (6).
L'alcool peut être utilisé chez les consommateurs
de cocaïne pour atténuer les effets négatifs
de la cocaïne (6) en phase de descente (nervosité,
insomnie). Environ 60 % des sujets interrogés affirment
boire pour compenser les effets de manque liés à
l'arrêt de la cocaïne.
Cette étude (6) montre que l'utilisation de l'alcool
en phase de descente est inversement corrélée
à l'utilisation de cocaïne ou de crack.
C'est-à-dire que plus l'alcool est utilisé
en phase de descente, moins la cocaïne et le crack
seront utilisés ultérieurement. Ces individus
ont tendance à avoir alors de fortes consommation
d'alcool.
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Une
étude (9) s'est intéressée à comparer
les patients en MMT consommant uniquement des opiacés
(O), de l'alcool plus des opiacés (AO), des opiacés
plus de la cocaïne (OC), ou encore des opiacés,
de la cocaïne et de l'alcool (OAC). Les OAC sont moins
motivés, et ont un moins bon résultat, moins
de chance de finir une année de traitement. Ils sont
plus difficiles à engager et à retenir dans
le programme thérapeutique.
L'hépatite C
Les individus qui se savent atteints d'hépatite C diminuent
leur consommation d'alcool (7). Ceux qui sont certains de
ne pas être atteints par cette affection boivent plus.
Il faut sensibiliser le personnel des centres et les médecins
traitants afin que les éventuels problèmes liés
à l'alcoolisme dans les MMT soient toujours pris en
considération et que le patient soit aidé et
soutenu (7).
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| 4.
Cette consommation d'alcool est-elle antérieure à
l'entrée dans les centres ? |
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Le
problème de beaucoup d'études est qu'elles
ont été réalisées sur des populations
d'individus sans soucis d'exclure ceux qui sont dépendants
à l'alcool lors de l'entrée en MMT.
On
ne dispose que de peu de données prédisant
l'influence de la méthadone à court terme
sur la consommation l'alcool chez des individus au départ
'sobres' .
Le débat doit cependant être recentré
et axé sur le moment d'apparition de cette dépendance
à l'alcool :
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les
individus en MMT deviennent-ils " alcooliques "
ou étaient-ils déjà dépendants
à l'alcool avant leur entrée dans les centres
?
On
pourrait par exemple à l'entrée des traitements
de substitution, enregistrer les taux des marqueurs biologiques
de la consommation d'alcool, et les confronter à
ceux que l'on enregistrera plus tard. Le
concept de prise en charge globale ne semble pas s'opposer
à cette pratique de recherche et de suivi d'autres
dépendances, bien au contraire.
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| La
méthadone pourrait dans quelques cas constituer un substitut
à l'alcool |
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Une
étude italienne récente (1) a comparé
l'évolution de la consommation d'alcool chez des
patients entrant dans un processus de soins pour leur dépendance
aux opiacés.
Les 359 héroïnomanes retenus dans cette étude
étaient non dépendants à l'alcool,
et ont été répartis en 2 groupes :
ceux recevant un traitement par la méthadone, et
ceux recevant un traitement symptomatique classique des
signes de manque liés au sevrage des opiacés.
Dans
le 1er groupe de patients en MMT, la consommation quotidienne
d'alcool moyenne chez les héroïnomanes non dépendants
à l'alcool a chuté de façon significative.
En
revanche, dans le 2ème groupe sans méthadone,
la consommation d'alcool est restée stable.
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Dans
les 2 groupes, les patients ont bénéficié
du même suivi psycho-social. Parmi les sujets abstinents
à l'alcool à l'entrée de l'étude,
un nombre significativement plus important s'est mis à
boire dans le groupe sans méthadone.
Le mécanisme induisant cette diminution de la consommation
d'alcool lors de traitement par la méthadone reste
inconnu mais il se pourrait que la méthadone puisse
dans quelques cas constituer un substitut à l'alcool
.
Dans une autre étude suivant les paramètres
biologiques des patients en MMT (8), il est démontré
que la plupart des patients abusant d'alcool le font avant
l'entrée en MMT et que ce nombre n'augmente que très
peu une fois les individus dans le centre.
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| 5.
Il faut prendre en charge ces patients |
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Méfaits
de l'alcool
La consommation d'alcool dans les centres MMT peut devenir
un problème sérieux (8).
L'abus
chronique d'alcool est potentiellement la cause principale
de complications médicales au cours des traitements
de substitution (2). Il peut aggraver des problèmes
engendrés par la consommation d'autres drogues.
Par
exemple, l'association alcool/héroïne peut précipiter
des désordres des systèmes endocriniens et
neuroendocriniens et des overdoses (2). Les
patients en MMT qui sont dépendants à l'alcool
ont un taux de mortalité plus élevé,
plus de problèmes psychiatriques, plus de problèmes
liés à l'intégration sociale, et ont
plus de risques d'overdose (3). La criminalité est
également plus élevée chez ces patients.
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L'alcool
est la cause indirecte la plus fréquente de mortalité
(cirrhose) (4) et les taux de survie sont plus faibles chez
les alcooliques que chez les autres.
Une
consommation excessive d'alcool fait évoluer l'histoire
naturelle de l'hépatite C, en accélérant
notamment l'évolution vers la fibrose et la cirrhose.
Selon l'étude de Caputo (1), 11 à 26 % des
individus en MMT abandonnent ce traitement à cause
de l'alcool. Ces patients sont moins réceptifs et
suivent le traitement de manière moins impliquée.
Enfin, si la prise d'alcool donne l'impression au patient
d' augmenter les effets de la méthadone (effet 'turbo'
par augmentation du pic plasmatique), celle-ci accentue
par ailleurs la pente d'élimination, avec un traitement
de substitution qui ne tient plus 24 heures.
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| Prise
en charge parallèle des consommations d'alcool et d'opiacés |
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Il
faut probablement prendre en charge les patients héroïnomanes
en tenant compte d'emblée de leur statut par rapport
à la consommation d'alcool, et proposer parallèlement
à la prise en charge de leur dépendance aux
opiacés, des modalités de soins identiques à
celles proposées à des patients uniquement dépendants
à l'alcool. Surtout pour ceux qui utilisent l'alcool
pour augmenter les effets de la méthadone (3).
Dans un certains cas, la prise d'alcool peut être compensatrice
d'un sous-dosage en méthadone, et nécessiter
une adaptation de posologie, appuyée par la pratique
des méthadonémies en cas de doute.
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Il
ne peut s'agir en aucun cas d'une généralité,
notamment chez ceux ayant un double diagnostic de dépendance
(alcool + opiacé).
Il faut se renseigner minutieusement sur les intentions
du patient en MMT par rapport à sa consommation d'alcool
: que compte-t-il faire ?
Chez
ceux porteurs du VHC, il a été démontré
que la connaissance de leur statut virologique et la perspective
d'un traitement efficace, avait un impact favorable sur
leur consommation d'alcool (7). Il faut donc, si ce n'était
pas le cas, systématiser le dépistage de l'hépatite
C, dès le début de la prise en charge, surtout
auprès de patients 'buveurs excessifs'.
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 |
| Rapprochements
entre intervenants en toxicomanie et alcoologie |
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Le
rapprochement des cultures en matière d'abord des pathologies
addictives permet de mieux en mieux d'assurer cette double
prise en charge. Le travail en réseau, lui aussi, trouve
là un excellent terrain d'expression, et les alcoologues
peuvent être d'un recours précieux dans les centres,
services hospitaliers ou auprès des médecins
généralistes qui suivent des patients traités
par la méthadone, et plus généralement
par les traitements de substitution.
La prescription de REVIA® est strictement contre-indiquée
chez tout patient recevant un traitement de substitution par
buprénorphine ou méthadone, en raison des propriétés
antagonistes opiacées de la naltrexone, son principe
actif.
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A
l'inverse, le recours à AOTAL® n'est pas contre-indiqué,
et ses modalités de prescription et de suivi sont alors
non-spécifiques du statut des patients recevant un
traitement de substitution opiacée.
Enfin, il importe probablement de ne pas tomber dans le piège
de la pseudo-découverte d'un début d'alcoolisation
sous méthadone, chez des patients pour lesquels la
consommation non contrôlée d'alcool est antérieure
au début de traitement par la méthadone, en
apparaissant alors bien moins problématique au milieu
des conséquences beaucoup plus visibles de la dépendance
à l'héroïne.
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| REFERENCES |
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|
1.
Caputo F et al (2002). Short-term methadone administration
reduces alcohol consumption in non-alcoholic heroin addicts.
Alcohol and Alcoholism, 37: 164-168.
2. Gossop M et al (2000). Patterns of drinking outcomes
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3. Hillebrand J (2001). Excessive alcohol consumption and
drinking expectations among clients in methadone maintenance.
Journal of Substance Abuse Treatment, 21: 155-160.
4. Kipnis SS et al (2001). Integrating the methadone patient
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problems and solutions. The Mount Sinai Journal of Medicine,
68: 28-32.
5. Lowe E et al (1999). Patterns of alcohol use among methadone
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Drugs, 31: 145-154.
|
|
6.
Magura S et al (2000). Modulating effect of alcohol use
on cocaine use. Addictive Behaviors, 25: 117-122.
7. McCusker (2001). Influence of hepatitis C status on
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8. Ottomanelli G (1999). Methadone patients and alcohol
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9. Rowan-Szal G et al (2000). Importance of identifying
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American Journal on Addictions, 9: 38-50.
10. Rittmannsberger H (2000). Alcohol consumption during
methadone maintenance treatment. Eur Addict Res, 6: 2-7..
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