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LA MÉTHADONE : UN NOUVEL HORÌZON
POUR LE PHARMACÌEN D'OFFÌCÌNE
Guy SABOURIN, pharmacien d'officine, QUEBEC, Canada
Suivi de Commentaires de Stéphane ROBINET,
pharmacien d'officine à Strasbourg
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Le
Flyer n° 13, sept. 2003
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| Délivrance
de la méthadone au Québec |
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Entre
5.000 et 15.000 Québécois consomment de l'héroïne.
Sept à huit cent d'entre eux suivent actuellement un
programme de réadaptation à la méthadone,
un médicament de substitution qui leur est distribué
dans environ 80 pharmacies un peu partout au Québec.
"Il n'est plus à prouver qu'une telle mesure
favorise la réinsertion sociale, explique Claude Giroux,
directeur général de l'Ordre des pharmaciens
du Québec. N'ayant plus à se soucier de l'approvisionnement,
ni à se commettre avec les milieux criminalisés,
les patients ont le temps de s'occuper de leur santé,
de modifier leur style de vie, de changer de comportement
et d'amis, de s'occuper de leur famille, de se créer
un nouveau réseau et de se réinsérer
dans la société". En bout de ligne,
ils cesseront peut-être de consommer.
Les vertus de la méthadone sont largement documentées
depuis 40 ans. Mais l'Ordre des pharmaciens se garde bien
d'en faire un apostolat. "La méthadone fait
partie d'une palette de moyens pour combattre les méfaits
de l'héroïne et serait sans doute moins efficace
sans soutien psychosocial adéquat, précise
Claude Giroux. Nous croyons néanmoins à l'importance
de son accès partout au Québec"
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Un
objectif que poursuit du reste le ministère de la
Santé et des Services Sociaux.
Des balises fédérales plus ou moins désuètes
servent aujourd'hui de cadre de travail aux pharmaciens
qui 'offrent' de la méthadone.
Pour
remettre le train sur ses rails, des représentants
de l'Ordre des pharmaciens et du Collège des médecins
ont conjointement produit de nouvelles lignes directrices
: utilisation
de la méthadone dans le traitement de la toxicomanie
aux opiacés, rendues public en Août dernier.
"À
notre avis, il s'agit d'un document unique au monde, qui
encadre un travail conjoint et l'échange d'information
entre deux professionnels de la santé, assurant donc
une continuité des soins, essentielle pour un patient
accepté à un programme de méthadone",
explique Pierre Ducharme, directeur des services professionnels
de l'Ordre des pharmaciens du Québec.
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| Réduction
des méfaits et soins pharmaceutiques |
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En
plus de fournir un encadrement très élaboré
quant à la distribution de méthadone (par exemple
préparation et dosage, instruments nécessaires,
contrat avec le patient, paramètres du traitement,
constitution du dossier, échanges avec le médecin,
etc.), le document brosse un portrait social de l'utilisation
de cette drogue synthétique, et penche en sa faveur.
"La prévalence de la co-morbidité associée
à la consommation des opiacés justifie à
elle seule le traitement de substitution, lequel constitue
un service médicalement requis et devant être
accessible dans un délai raisonnable pour préserver
la vie et la santé du patient", y lit-on en
conclusion.
Il faut bien comprendre que l'utilisation de la méthadone
s'inscrit dans une philosophie de réduction des méfaits,
moins draconienne que la traditionnelle abstinence totale.
Chute de la criminalité, prévention du VIH et
des hépatites par l'abandon des seringues, réinsertion
sociale, entre autres, constituent les avantages incontestables
d'une telle approche, qui ne relèvent pas de l'affabulation,
mais sont au contraire largement documentés.
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"S'impliquer
dans un tel dossier, donc aider quelqu'un avec qui on développe
peu à peu une relation de confiance, représente
un intéressant défi professionnel pour le
pharmacien",
commente Claude Giroux.
Mais,
attention ! l'aventure ne convient peut-être pas à
tous. "Nous préférons dire : "allez-y
si vous estimez avoir les capacités". Car
il se peut qu'une partie de la clientèle ait besoin
d'être encadrée, qu'on ait parfois à
dire non fermement", précise Pierre Ducharme.
"Le contact avec cette clientèle, d'abord
centrée sur ses besoins immédiats, devient
de plus en plus intéressant sur le plan clinique,
à mesure qu'on voit l'état du patient s'améliorer
par ce qu'on peut appeler des "soins pharmaceutiques",
précise Janine Matte, pharmacienne à Québec,
qui 'offre' de la méthadone à sa pharmacie
de la rue Cartier. N'oublions pas que nous sommes en
présence d'une clientèle souvent atteinte
de plusieurs maladies connexes, que nous soignerons parallèlement
à la thérapie à la méthadone".
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| L'expérience
vous tente ? |
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Les
nouvelles lignes directrices faciliteront la tâche
aux pharmaciens désireux de fournir de la méthadone
dans l'avenir.
Mais
est-ce s'embarquer dans une galère, que cette aventure
de la méthadone ? Nous avons posé la question
à quelques pionniers.
Le pharmacien Joseph Amiel distribue de la méthadone
sur la rue Sherbrooke dans l'ouest de Montréal depuis
20 ans à une centaine de patients par jour. Il est
membre du conseil d'administration du Centre de Recherche
et d'Aide pour Narcomanes (CRAN) depuis sa fondation en
1987 et il a travaillé à l'élaboration
des nouvelles lignes directrices.
Sa
recommandation : commencer l'aventure avec quelques patients
seulement deux ou trois. "Des patients déjà
stabilisés, c'est très important donc moins
problématique, à partir desquels vous pourrez
enrichir votre expérience. Ces personnes-là
sont aussi faciles à traiter qu'un patient régulier
et ne perturbent pas du tout le fonctionnement normal de
la pharmacie".
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L'histoire
est toute autre par contre avec les patients en début
de traitement, pas encore stabilisés et dont la dose
de méthadone change continuellement. Jean-François
Guévin, dont la pharmacie est classée niveau
1 par le CRAN (il y en a deux à Montréal), c'est-à-dire
qu'elle reçoit de ces patients qui commencent avec
la méthadone, en sait quelque chose. "Ça
veut dire des gens désorganisés, consommant
encore beaucoup de cocaïne et de médicaments,
marginalisés, souvent habillés de façon
particulière et ayant des problèmes de comportement,
explique le pharmacien. À ce stade, ils ont besoin
de support intense. Je les reçois dans un espace isolé
du reste de la pharmacie où on peut avoir des discussions
franches. Ils sont séparés des autres clients
qui deviennent inquisiteurs quand ils voient quelqu'un boire
de la méthadone. Mais le temps fait d'eux des patients
pas plus difficiles que les autres". Mme Matte reçoit
plutôt les siens avec sa clientèle régulière,
mais exige qu'ils se comportent civilement. "Faute
de respecter cette consigne élémentaire, nous
en avons exclu quelques-uns du programme"
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| Engagement
des pharmaciens |
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"Au
début, j'avais peur de la réaction de ma clientèle
régulière, ajoute la pharmacienne. C'est le
contraire de ce que j'appréhendais qui est arrivé.
Mes clients réguliers se montrent curieux, sympathisent
avec les clients à la méthadone qui, au fond,
sont très attachants. Ces derniers, il convient de
le souligner, ne se recrutent pas que chez les marginaux.
J'en ai qui proviennent de tous les milieux, y compris universitaires,
professionnels, fonctionnaires, etc."
"Le pharmacien qui tente l'aventure doit d'abord
comprendre la méthadone, chercher à connaître
les interactions médicamenteuses avec cet opiacé
(peu publiées), être capable de savoir si
son client est intoxiqué (on ne donne jamais
de méthadone ou d'autre narcotique dans cette situation),
et savoir si son patient présente des symptômes
de sevrage ou de surdosage, par exemple", explique
Jean-François Guévin.
Des
connaissances que peut acquérir le pharmacien en
parcourant les nouvelles lignes directrices (disponibles
sur le site internet de l'Ordre au www.opq.org) ou en s'inscrivant
à une formation (en contactant l'Ordre). "Il
est certain que l'ajout de cette corde à son arc
procure une satisfaction professionnelle et rend service
à la société."
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"Je
pense qu'il est très important d'offrir ce type de
service à la communauté,
soutient Joseph Amiel. Comme nous avons accueilli les sidéens
et les gens du virage ambulatoire, nous pouvons faire quelque
chose pour les personnes qui ont besoin de méthadone,
comme nous avons également distribué des seringues.
Il s'agit d'un traitement médicamenteux et, à
ce titre, le pharmacien reste le mieux placé pour l'offrir."
Selon les résultats préliminaires d'une étude
portant sur le programme de méthadone du centre de
réadaptation Ubald-Villeneuve, à Québec,
auquel participe Janine Matte, l'utilisation des seringues
a chuté de 66 %. "Nous voyons aussi des gens
réintégrer la vie normale. Nous sommes très
fiers de ces résultats." Ceux-ci ont d'ailleurs
été présentés par Madame Matte
à Barcelone en Septembre dernier, au Congrès
mondial de la pharmacie et des sciences pharmaceutiques. Une
intervention appréciée qui montre l'avancement
et l'engagement de la pharmacie telle que pratiquée
au Québec.
Note : Coûts sociaux
Un patient traité à la méthadone coûte
4 000 $ par année à la société
québécoise. Non traité, il génère
des dépenses de l'ordre de 40 000 $ à 60 000
$ ; frais judiciaires, incarcération, etc. Un héroïnomane
peut contracter le VIH avec des seringues contaminées
; or, chaque cas de séropositivité au VIH entraîne
des dépenses directes de 100 000 $ par année.
Ne serait-ce qu'en dollars sonnants, la méthadone coûte
moins cher. Ajoutons à cela les bénéfices
de la diminution des comportements à risque et de la
réinsertion sociale, la balance penche nettement en
faveur de la méthadone.
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Commentaires
de Stéphane ROBINET, pharmacien d'officine
à Strasbourg, membre du Comité de Rédaction |
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Les
pharmaciens québécois ont déjà
une longue expérience de délivrance ("offre")
de méthadone (une vingtaine d'années).
Dans le cadre de cette expérience, certaines pharmacies,
classées niveau 1, pratiquent des initialisations
de traitements à l'officine, comme on pourrait l'envisager
dans des projets de primo-prescription de méthadone
par un médecin généraliste et délivrance
avec adaptation du traitement en pharmacie de ville.
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Une
telle "distinction" n'existe pas en France, alors
que cet acte de primo-délivrance à l'officine
est de plus en plus répandu, dans le cadre des initiations
par des praticiens hospitaliers à des patients non
hospitalisés. Par ailleurs, certains CSST eux-aussi
initient des traitements avec primo-délivrance en officine
(cf. Flyer 7 et 8).
La méthadone au Québec se délivre généralement
sous forme de solution buvable, diluée dans du jus
d'orange et préparée à la pharmacie.
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Ligne
directrices du Collège des médecins du Québec
et de l'Ordre des pharmaciens du Québec |
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Les
ligne directrices du Collège des médecins
du Québec et de l'Ordre des pharmaciens du Québec
sont (octobre 1999) :
1. Désintoxication ou intervention brève
de substitution
- Doses décroissantes de méthadone sur 7 à
24 semaines
- Pharmacie choisie par le patient
- Ordonnance remise au patient sous enveloppe scellée
sur laquelle sont inscrits le nom et l'adresse de la pharmacie
- La dose quotidienne diluée dans du jus d'orange
est prise devant le pharmacien
- Examens d'urines pratiqués à la pharmacie
- Etablissement d'un Dossier pharmaceutique .
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2.
Traitement de maintien ou intervention prolongée :
- Consentement du patient à la communication médecin-pharmacien
- Patients de plus de 14 ans
- Contrat signé par le patient
- Communication avec les autres pharmaciens
- Etablissement d'un dossier pharmaceutique
- Pharmacie choisie par le patient
- Méthadone diluée dans du jus d'orange que
le patient boit devant le pharmacien
- Délivrance contrôlée quotidienne
- Ordonnance sous enveloppe scellée avec le nom du
pharmacien
- Analyses urinaires effectuées par le pharmacien,
au moins 2 fois par mois les trois premiers mois, puis une
fois par mois
- Après 12 mois de résultats négatifs,
analyses urinaires si le médecin le souhaite et communication
des résultats au pharmacien.
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| Les
" privilèges " accordés aux patients
et rôle du pharmacien |
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Un
"privilège" se définit comme étant
l'autorisation d'emporter avec soi la dose d'une journée
de méthadone, en plus de celle prise sur place (celle
du lendemain)
- Aucun "privilège" n'est accordé
dans les trois premiers mois de traitement.
- Un premier privilège est accordé pendant une
durée de trois mois.
- Un deuxième et/ou un troisième privilège
peuvent être accordés pour les trois mois suivants.
Par la suite, un quatrième et/ou un cinquième
privilège pourront être accordés trois
mois après l'obtention du troisième privilège.
- Le maximum étant de cinq privilèges, cela
signifie que le patient n'aura à se présenter
à la pharmacie que deux fois par semaine. Une visite
à la pharmacie implique la prise sur place de la dose
totale de cette journée.
- Si après six mois le patient n'a pas atteint suffisamment
de stabilité pour obtenir un privilège, le plan
d'intervention doit être réévalué.
La dose totale maximale pouvant être emportée
par le patient ne devrait pas excéder 600mg (pour un
total de cinq privilèges).
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Rôle
du pharmacien :
- Evaluation de l'aspect physique du patient
- Aspect pharmaco-thérapeutique, échelle de
confort
- Contacts avec le médecin et/ou avec les intervenants
psychosociaux
- Gestion des contrôles urinaires
- Devoir administratif, attestant la venue régulière
du patient et donnant droit aux
remboursements
- Préparation de la solution mère
- Préparation des doses individuelles
Aspects administratifs spécifiques :
Un agrément du ministère de la santé
est nécessaire pour prescrire de la méthadone
La liste des médecins et des pharmaciens autorisés
à prescrire et à "offrir le service"
est confidentielle.
Tous les pharmaciens peuvent acheter de la méthadone
(chlorhydrate)
Les pharmaciens offrant le service doivent disposer d'une
balance sensible de 10 mg, et avoir un réel espace
confidentiel ainsi que des toilettes pour les analyses urinaires.
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| Spécificités
des pharmacies québécoises |
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Lorsqu'on
visite la première fois une pharmacie québécoise,
la différence avec une pharmacie française est
tout à fait saisissante. Les pharmacies québécoises
sont le plus souvent adhérentes à des chaînes
de pharmacies. Elles ressemblent plus à de grosses
supérettes avec toutes sortes de produits à
la vente, de l'alimentation aux produits d'entretien, mais
aussi des services divers, comme des bureaux de poste à
l'intérieur de la pharmacie.
Et au fond du local, la partie "éthique"
avec délivrance des médicaments.
Cette partie ressemble plus à un mélange de
comptoir de pharmacie, de laboratoire d'analyse médicale
et de salle d'attente de médecin généraliste.
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Les
clients déposent leurs ordonnances et attendent à
côté leurs préparations. Souvent, le
pharmacien est en contact avec le médecin prescripteur
par téléphone.
Le contraste est saisissant pour un pharmacien d'officine
français entre ce côté très éthique
et 'professionnel de santé' et les dizaines de mètres
de gondoles de "supérette".
Les
pharmaciens au Québec sont rémunérés
à la marge des médicaments vendus et également
en fonction d'un certain nombre d'actes pharmaceutiques
dont l'offre de méthadone fait partie..
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| Simplifier
les procédures d'accès à la méthadone |
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En
ce qui concerne le programme de méthadone, on imagine
mal en France effectuer des préparations magistrales
de méthadone pour chaque patient en dehors de ces rémunérations
spécifiques.
On est toujours surpris par la complexité des procédures
de délivrance de méthadone et ce, dans pratiquement
tous les pays où la méthadone est disponible
en ville. En France, elles participent probablement à
la difficulté plus grande de trouver un pharmacien
qui délivre de la méthadone, alors que c'est
beaucoup plus aisé pour la buprénorphine haut
dosage.
Globalement, on peut penser que toutes ces complications sont
plutôt un frein à la prise en charge des patients.
Les pouvoirs publics pensent toujours que plus les procédures
sont compliquées, tant pour les médecins prescripteurs
que pour les pharmaciens dispensateurs, moins il y aura de
trafics et de mésusages. Ceci reste évidemment
à vérifier.
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Par
ailleurs, cette présentation artisanale de méthadone,
sous forme de jus d'orange, ne donne pas encore l'image d'un
médicament à part entière. A quand la
méthadone avec une forme galénique et un conditionnement
moderne digne d'un médicament du XXIème siècle,
et ce, au Canada comme dans tous les pays.
A quand l'arrêt de toutes ces procédures administratives
lourdes et contraignantes à une époque ou l'informatique
pourrait assurer une traçabilité beaucoup plus
fiable et plus sûre.
Sans vouloir banaliser la prescription et/ou la délivrance
de la méthadone, on peut raisonnablement suggérer
que l'utilisation des moyens informatiques modernes et une
bonne formation des professionnels de santé devraient
permettre d'utiliser ce médicament qu'est la méthadone
de façon sûre et efficace pour un plus grand
nombre de patients qui justifient de ses indications en ville,
dans le cadre d'une dispensation en officine.
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