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LE SYNDROME DE SEVRAGE CHEZ LE NOUVEAU-NÉ DE MÈRE
DÉPENDANTES AUX OPIACÉS
Anne-Clotilde DEMAN, Lille
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Le Flyer JUIN/JUILLET 2003 - Hors-série n°1.
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| PLAN |
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1. MECANISME
2. TABLEAU
CLINIQUE
3. DIAGNOSTIC
3.1. DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL
3.2. ANALYSES
COMPLÉMENTAIRES
3.3. SCORES
4. PRISE EN
CHARGE
4.1. LE NURSING
4.2. L’ALLAITEMENT
5. TRAITEMENT
MEDICAMENTEUX
5.1. CONDUITE
DU TRAITEMENT
5.2. LES MORPHINIQUES
5.2.1. La morphine
5.2.2. Les dérivés
morphiniques
5.3. ALTERNATIVES
5.3.1. Le diazépam (Valium®)
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5.3.2. Le phénobarbital
5.3.3. La chlorpromazine
(Largactil®)
5.3.4. La clonidine
6. APPARITION,
INTENSITÉ ET DURÉE DU SYNDROME DE SEVRAGE
:
LES DIFFÉRENTS
FACTEURS
6.1. LES OPIACÉS
EN QUESTION
6.2. AUTRES ÉLÉMENTS INTERVENANT SUR L’APPARITION,
L’INTENSITÉ OU LA DURÉE DU SYNDROME
En guise de
conclusion
Annexe 1 :
Evaluation de la gravité du syndrome de sevrage selon
Ostrea et al.
Annexe 2 : Score de Lipsitz.
Annexe 3 : Syndrome de sevrage
néonatal : Score de Finnegan.
Bibliographie
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| Introduction |
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Dès lors
qu’elle est en âge de procréer, une femme,
qu’elle soit dépendante à l’héroïne,
ou encore substituée avec la méthadone ou
le Subutex®, est susceptible d’être enceinte.
Tout au long de la grossesse, le foetus est imprégné
passivement par les opiacés consommés par
la mère (héroïne, morphine, méthadone,
ou même codéine, dextropropoxyphène,
…). Ces opiacés peuvent induire un syndrome
de sevrage chez le nouveau-né.
Le syndrome de sevrage est l’ensemble des manifestations
cliniques que risque de présenter le nouveau-né
du fait de l’arrêt brutal des opiacés
(le « manque » désignant les sensations
ainsi engendrées).
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Il associe principalement
des signes neurologiques, digestifs et respiratoires, les
symptômes pouvant persister quelques jours à
quelques mois (1, 2).
Ce syndrome apparaît dans des délais et à
des degrés variables, de quelques heures à
quelques jours après la naissance, avec une fréquence
de 55 à 94 % (1, 3, 4).
On notera que ce syndrome est beaucoup plus rare (voire
inexistant) quand il s’agit d’un usage médical
et ponctuel d’opiacés en fin de grossesse pour
traiter, par exemple, une douleur.
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| 1.
MECANISME |
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Bien que les drogues
utilisées et les retentissements cliniques de la
toxicomanie chez l’adulte sont bien connus, on sait
peu de choses sur les processus biochimiques et physiologiques
gouvernant le syndrome de sevrage aux opiacés chez
le nouveau-né (5). Les mécanismes en jeu font
donc l’objet d’hypothèses discutées
et restent, aujourd’hui encore, indéterminés
(2).
Par exemple, chez l’adulte, le syndrome ne se définit
pas par une caractéristique mais bien par une série
de modifications comportementales et physiologiques et les
mécanismes gouvernant chaque aspect du syndrome peuvent
être différents.
Le système sympathique entre en jeu mais pour la
plupart des symptômes, c’est le SNC (Système
Nerveux Central) qui intervient en premier lieu (5).
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En
1994, Barr et Jones ont réussi à faire le lien
entre certaines structures cérébrales de l’adulte
(SNC) et des signes spécifiques du syndrome de sevrage
(et notamment implication du locus coeruleus dans les symptômes
physiques). Mais il n’y a pas de données concernant
l’implication de cette structure cérébrale
dans le sevrage du nouveau-né (5).
Par ailleurs, chez le nouveau-né, la barrière
hématoencéphalique est immature et le métabolisme
de la morphine est vraisemblablement différent de chez
l’adulte : cette immaturité empêcherait-elle
l’expression de certains signes ? On constate, par exemple
chez l’adulte, et peu ou pas chez l’enfant, une
augmentation de la pression artérielle par stimulation
sympathique (SNA : Système Nerveux Autonome) ou une
mydriase. Ainsi, le syndrome de sevrage n’est pas le
même chez l’enfant : certains signes n’apparaissent
pas ou apparaissent moins chez le nouveau-né (5).
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| 2. TABLEAU CLINIQUE |
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| Signes neurologiques |
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Lors
de la prise en charge prénatale, une rencontre avec
le pédiatre amené à suivre l’enfant
paraît importante ; les symptômes attendus du
syndrome de sevrage et leur prise en charge seront clairement
expliqués pour faire de la mère un « partenaire
» de soin de son enfant (6).
Les signes du syndrome de sevrage chez le nouveau-né
sont classés en quatre catégories selon le système
atteint : le système nerveux central (SNC), le tractus
gastro-intestinal, le système respiratoire et le système
nerveux autonome (SNA) (7, 8).
Les signes neurologiques sont au premier plan du tableau clinique
et existent dans pratiquement 100 % des cas (6, 9).
Dès 1974, A. B. Soule a montré que les nouveau-nés
de mère sous méthadone pleuraient beaucoup,
présentaient une irritabilité neurologique,
avec souvent des tremblements, de l’hypertonie. Il constatait
une immaturité motrice et ces enfants semblaient répondre
plus difficilement aux stimuli visuels qu’aux stimuli
auditifs (certains bébés étaient incommodés
pour fixer des yeux un élément, la taille de
la pupille atteignant à peine la normale) (10).
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En 1975, M. E.
Strauss retrouvait, dès la 48ième heure de
vie, des nouveau-nés irritables mais ayant des capacités
à se calmer ou à répondre aux stimulations
peu différentes des autres nouveau-nés (11).
En 1987, A. Bourrillon, C. Lejeune et C. Olivier remarquent,
par le biais d’études électrophysiologiques,
que ces nouveau-nés ont une sensibilité auditive
élevée mais qu’ils sont moins réactifs
aux stimuli visuels (12).
Ainsi, les signes centraux du manque sont représentés
notamment par une hyperactivité, une hyperexcitabilité
(d’où l’irritabilité, l’agitation
excessive avec pleurs), et des cris aigus voire incessants
(11, 13, 14).
Francoual dit « ne jamais observer, contrairement
à ce qu’on observe chez un nouveau-né
normal, de périodes d’éveil calme pendant
lesquelles on a l’impression de pouvoir communiquer
avec l’enfant » (15).
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| Troubles
du sommeil, trémulations, convulsions |
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Le
nouveau-né présente des troubles du sommeil
(insomnies, périodes de sommeil de plus en plus courtes)
(8, 15, 16…). Des enregistrements électro-encéphalographiques
montrent une réduction significative du temps de sommeil
calme, mais une augmentation du sommeil à mouvements
oculaires rapides (paradoxal) et du sommeil indéterminé
par rapport à des nouveau-nés témoins
(12).
Ce syndrome associe également des mouvements anormaux.
Les nouveau-nés développent initialement, selon
une fréquence moyenne à élevée,
des trémulations bénignes qui progressent en
sévérité (2). Au début, ces trémulations
apparaissent seulement quand l’enfant est dérangé.
Par la suite, elles surviennent spontanément sans aucune
stimulation (13).
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D’après
Lipsitz, les trémulations peuvent être assez
sévères jusqu’à les confondre
avec des crises d’épilepsie mais peuvent être
contrôlées en tenant le bébé
et représentent plus des mouvements myocloniques
excessifs que de l’épilepsie (17).
On peut constater une hypertonie, une hyperréflexie
(réflexes tendineux augmentés). Le réflexe
de Moro est parfois exagéré (2, 14).
Le nouveau-né peut présenter des myoclonies,
voire des convulsions. La majorité de ces convulsions
semblent apparaître en moyenne à 10 jours de
vie. Elles peuvent néanmoins être très
précoces ou plus tardives jusqu’à la
fin du premier mois (18). L’électroencéphalogramme
est anormal uniquement lors des crises (19).
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| Signes
digestifs |
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On
observe chez ces enfants des signes digestifs notamment
des troubles alimentaires et un réflexe de succion
anormal (ces deux derniers étant représentatifs
de dysfonctionnements du SNC pour certains (11) ou du tractus
gastro-intestinal pour d’autres (14)).
Les nouveau-nés sucent donc souvent et frénétiquement
leurs poings ou pouces. Ils ont néanmoins des difficultés
à se nourrir parce que leur succion est excessive
ou mal coordonnée et inefficace. La tétée
ou la prise du biberon devient alors malaisée et
insatisfaisante, d’où perte de poids possible
ou gain de poids non optimal (2, 8, 13, 20).
En outre, il a été remarqué que les
nouveau-nés de mère toxicomane prenaient apparemment
moins souvent de pauses lors de l’allaitement (la
maman toxicomane retirant ou mettant elle-même le
mamelon dans la bouche du bébé, et ceci plus
souvent que les autres mères) (21).
En
effet, la mère peut interpréter comme un signe
de faim la succion frénétique du nouveau-né
et nourrir le bébé pour le calmer. Dans ce
cas, la sur-alimentation qui en résulte peut aggraver
les symptômes gastro-intestinaux (22).
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Les
régurgitations sont fréquentes. Des vomissements
et des diarrhées liées à un hyperpéristaltisme
intestinal peuvent survenir et entraîner éventuellement
déshydratation et déséquilibre de la
balance hydroélectrolytique (2, 13, 18).
A ces signes digestifs, on peut ajouter des douleurs abdominales,
un gain de poids faible (16).
Certains ont observé une hyperphagie (20, 23).
A. Martinez a mené une étude sur 44 enfants
nés de mères substituées par la méthadone
afin d’en préciser l’importance clinique.
L’hyperphagie est donc un symptôme possible,
surtout lors de la deuxième semaine de vie, et peut
persister chez un certain nombre. Elle n’est pas associée
à un gain de poids du nouveau-né (la perte
de poids étant plus importante chez les nouveau-nés
hyperphagiques la première semaine de vie) et n’entraîne
ni effets gastro-intestinaux néfastes, ni complications
cliniques. Cet appétit vorace peut apparaître
chez des enfants qui ont des demandes (ou des pertes) métaboliques
élevées du fait de signes cliniques du syndrome
de sevrage non contrôlés par un traitement
médicamenteux (20).
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| Troubles
respiratoires et perturbations du Système Nerveux Autonome |
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Les
troubles respiratoires sont représentés par
une tachypnée ou polypnée (respiration trop
rapide, > 60/min), une hyperpnée (respiration
d’amplitude exagérée) pouvant amener
une alcalose respiratoire (11, 12). Les désordres
cardiaques se traduisent par des accès de tachycardie
(18). Plus redoutable est la survenue d’arythmie respiratoire
avec apnées entraînant des troubles d’hypoxie
(18). On constate des cyanoses, un encombrement nasal (8,
14, 16).
Les
perturbations du Système Nerveux Autonome amènent
à des bâillements, des éternuements
(attribués à une excitabilité neurologique
par l’AAP – American Academy of Pediatrics)
(14).
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Une transpiration excessive est possible, ainsi qu’une
température instable (hypo ou hyperthermie : fièvre).
La peau de l’enfant pourra se couvrir de marbrures
(1, 8, 11, 16…).
Enfin,
la peau du nouveau-né pourra s’altérer
du fait des diarrhées ou du frottement sur les draps
(hyperactivité). Ces excoriations cutanées
toucheront le nez, les pieds, les genoux (7, 15, 16). On
pourra observer des accès de rougeur cutanée,
des hoquets, des larmoiements (1).
Lors
du sevrage du nouveau-né à l’héroïne,
les symptômes les plus communs apparaissent suivant
la fréquence reportée dans le tableau ci-après
(7, 24) :
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Fréquence
relative (%) des signes du sevrage à l’héroïne
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75-100 %
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25-75 %
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< 25 %
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rare
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Tremblements
Irritabilité
Hyperactivité
Hypertonie
Sommeil perturbé
Cris aigus
Succion
excessive
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Alimentation difficile Vomissements
Diarrhée
Eternuements
Tachypnée Transpiration
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Fièvre
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Convulsion
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D’après
Volpe JJ. 1987, Teratogenic effects of drugs and passive addiction.
In Neurology of the Newborn, Volpe JJ, ed. Philadelphia :
WB Saunders, 680.
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Ces différents
signes constituent ainsi le syndrome de sevrage, syndrome
qui peut être bénin et transitoire, d’apparition
retardée, ou de sévérité croissante.
Remarque : Le syndrome peut même être intermittent
ou biphasique : on constate alors dans un premier temps
un syndrome de sevrage aigu suivi d’une amélioration
et dans un second temps, une réaction subaiguë
ou encore une exacerbation du syndrome (2, 13).
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Les
symptômes vont persister quelques jours à quelques
mois, communément 8 semaines selon Franck et Vilardi,
avec une irritabilité persistant pendant 3 à 4 mois (7).
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| 3. DIAGNOSTIC |
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3.1. DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL
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Il est important
de savoir penser au syndrome de sevrage quand l’intoxication
est méconnue, devant l’association des troubles
neurologiques, des signes digestifs et généraux
étudiés précédemment.
Mais distinguer
les symptômes d’un sevrage d’une irritabilité
du SNC résultant de désordres infectieux ou
métaboliques n’est pas si évident :
aucun signe clinique ne peut être attribué
spécifiquement au syndrome de sevrage aux opiacés
sans évaluation appropriée, test ou diagnostic
visant à écarter d’autres étiologies
(1, 14, 25c).
Ainsi, un médecin ne connaissant pas la toxicomanie
de la mère peut confondre les signes du syndrome
de sevrage avec certaines pathologies néonatales.
Il faudra différencier le syndrome de sevrage de
troubles métaboliques (hypoglycémie), d’un
déséquilibre électrolytique (hypocalcémie),
d’infections, de septicémie ou encore de troubles
digestifs banaux (coliques, reflux).
De même, il est essentiel d’écarter des
causes possibles telles que hyperthyroïdie, hémorragie
ou ischémie du SNC, anoxie (1, 8, 11, 14).
D’après B. Roques, l’augmentation du
taux plasmatique de magnésium, associé à
des signes végétatifs et neuronaux, semble
caractériser le syndrome de sevrage aux opiacés
(26). Et selon Francoual, la façon la plus facile
pour un observateur de faire le diagnostic de début
de syndrome de sevrage est d’observer l’enfant
et de s’apercevoir que, contrairement à un
nouveau-né normal, ces enfants sont, soit en train
de dormir, soit en train de pleurer (15).
Dans ce contexte, l’identification des enfants à
risques est primordiale (un syndrome de sevrage est possible
pour des drogues non opiacées).
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La présence
de certaines caractéristiques maternelles ou néonatales
peut indiquer une analyse d’échantillons d’urine
afin de vérifier l’exposition in utero aux
opiacés (absence de soins prénataux, mort
inexpliquée du foetus, travail précipité,
changements importants d’humeur, avortements spontanés
à répétition…).
Notons que l’analyse toxicologique précoce
des premières urines reste une méthode facilement
réalisable et les toxiques et leurs métabolites
y sont souvent retrouvés en concentration supérieure
à celle du plasma (27, 28).
D’autre part, n’oublions pas que, chez le nouveau-né,
peuvent être associés à une toxicomanie
maternelle une prématurité, un RCIU (Retard
de Croissance Intra-Utérin) inexpliqué, etc.
On essayera donc, dans la mesure du possible, de connaître
l’histoire maternelle (drogues licites et illicites,
habitudes des parents…), tout en sachant que la maman
sous-estimera souvent sa consommation de drogues (polytoxicomanie
possible), qu’un screening des urines maternelles
lors de la grossesse ne parvient pas à identifier
toutes les consommations de drogues et que les analyses
d’urine ne permettent de détecter que les expositions
récentes (14, 28).
NB : Rappelons que l’héroïne est rapidement
hydrolysée en 6-monoacétylmorphine, puis en
morphine ou en glucuronides de la morphine, éliminés
dans l’urine. La codéine est partiellement
métabolisée en morphine, retrouvée
dans l’urine avec notamment des glucoronides de morphine.
Ainsi, l’analyse des premières urines, bien
qu’ayant un certain intérêt « pratique
», est une technique limitée car trop souvent
négative, d’où l’utilisation d’autres
méthodes de détection pour confirmer une imprégnation
anté-natale.
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| 3.2.
ANALYSES COMPLEMENTAIRES |
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Comme on l’a
déjà vu, les recherches toxicologiques dans
les urines des nouveau-nés exposés in utero
à une quelconque drogue se révèlent
parfois infructueuses si la toxicomanie de la mère
a été arrêtée plusieurs jours
avant l’accouchement, ou bien lorsque les urines sont
prélevées plusieurs jours après la
naissance (27, 28).
L’analyse du méconium est, quant à elle,
un meilleur reflet de l’exposition foetale. Ceci est
basé sur le fait que les drogues sont métabolisées
par le foie du foetus et éliminées par voies
biliaire et urinaire.
Or, le méconium, qui représente les premières
matières fécales excrétées par
le nouveau-né, est composé entre autres, de
bile et n’est expulsé dans le liquide amniotique
qu’en cas de souffrance foetale (les médicaments
ou autres produits et leurs métabolites sont donc
accumulés dans le méconium tout au long de
la gestation) (8). Cette analyse est intéressante
si on suspecte rapidement, dans les deux à trois
premiers jours de vie, une éventuelle toxicomanie
maternelle. Sur le plan pratique, la technique biologique
de l’analyse du méconium reste assez complexe
par rapport à l’analyse urinaire, mais plus
fiable (27, 28).
Plus récemment, des essais réalisés
sur des échantillons de cheveux de la mère
et de l’enfant ont élargi la possibilité
de détecter les expositions intra-utérines
(8). Les toxiques et leurs métabolites présents
dans le secteur plasmatique sont incorporés dans
la matrice du cheveu au cours de sa croissance et y demeurent
jusqu’à sa chute.
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Les cheveux restent
donc le seul milieu utilisable lorsque les enfants ne sont
vus qu’après 3 ou 4 jours de vie, lorsque les
selles ne sont plus méconiales, rendant même
possible le diagnostic de l’intoxication foetale chez
des enfants âgés de plusieurs semaines au moment
de leur hospitalisation (28).
En pratique, chaque
type de prélèvement possède ses avantages
et ses inconvénients :
- Le prélèvement des premières urines
permet une analyse rapide et à moindre coût,
mais les faux négatifs sont fréquents.
- Les dosages dans le méconium et les cheveux permettent
de déceler l’intoxication du dernier trimestre
de la grossesse, même s’il y a eu un arrêt
quelques jours ou quelques semaines avant la naissance.
- Ainsi, le prélèvement méconial, offrant
a priori une plus grande sensibilité que les urines,
peut être réalisé pour compléter
les analyses (mais il n’est praticable que les premiers
jours de vie).
L’étude des cheveux peut être faite en
dernier recours et même après plusieurs semaines
de vie, mais peut poser problème quant à la
quantité prélevable, parfois trop faible pour
autoriser une grande sensibilité (27, 28).
Ainsi, chez les enfants à risque, les analyses toxicologiques
complètent la recherche, dès la naissance,
de la séméiologie du syndrome de sevrage aux
opiacés, ceci afin de poser le diagnostic.
De plus, cet ensemble de symptômes aspécifiques
sera codifié afin de distinguer précisément
l’absence et la présence d’un syndrome
de sevrage (7).
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| 3.3.
SCORES |
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Les
scores, qui sont en fait des systèmes de codification,
ont été développés pour contrôler
le nouveau-né exposé aux opiacés et estimer
ainsi objectivement l’apparition, la progression et
la diminution des symptômes du sevrage, ainsi que leur
sévérité. Certains permettent d’adapter
le traitement du syndrome de sevrage aux opiacés.
Pour examiner les adaptations neurocomportementales des nouveau-nés
de mères pharmacodépendantes, l’échelle
de Brazelton a été très employée.
Celle-ci évalue les réponses à des stimuli,
les éléments comportementaux (sommeil, réveil,
pleurs…), l’état neurologique (irritabilité,
« consolabilité »,…), et le développement
moteur.
Par exemple, sont étudiées l’adaptation
aux stimuli tels que lumière et sonnerie ainsi que
la réponse à des stimuli animés et inanimés
(visage, voix, hochet…). Trente-trois points sont évalués
sur une échelle de 1 à 9.
Le caractère « consolabilité » donnera
un score faible quand le nouveau-né est inconsolable
et un score élevé quand la seule présence
d’un visage suffit à rassurer l’enfant.
L’avantage de ce score réside surtout dans le
large éventail d’attitudes étudiées.
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En 1974, A. B.
Soule a testé ce score sur des nouveau-nés
de mère sous méthadone et y a trouvé
de l’intérêt pour le diagnostic précoce
d’une addiction, également pour le suivi des
enfants atteints, et les soins qui leur sont prodigués.
Par exemple, cette étude a montré une réponse
pauvre des nouveau-nés aux stimuli visuels.
Néanmoins, l’intérêt du score
de Brazelton, dans le cas du syndrome de sevrage du nourrisson,
est modéré du fait de son objectivité
relative et de son imprécision quant aux données
de causalité, certaines variables n’étant
pas isolées (conditions pré et postnatales,
complications de l’accouchement, poids de naissance…)
(10, 11).
L. Franck et J. Vilardi citent le NNWI (Neonatal Narcotic
Withdrawal Index) qui évalue 7 indicateurs notés
de 0 à 2. Sa validité a été
déterminée en comparant les scores de 40 enfants
non exposés avec 50 nouveau-nés exposés
aux opiacés, lors de leur deuxième jour de
vie (les scores des enfants exposés étaient
significativement supérieurs) (7).
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| Echelles
de Ostrea, Lipsitz, Finnegan |
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Ostrea
classe le syndrome de sevrage en trois catégories
: sévère, modéré, faible (Annexe
1).
Ainsi, un tableau à double entrées reprend
6 critères (vomissements, diarrhée, perte
de poids, irritabilité, trémulations et/ou
myoclonies, tachypnée) selon leur intensité
(faible, modéré, sévère) (29).
Le score de Lipsitz (1975) mesure 11 symptômes cliniques.
Ils sont notés selon leur intensité de 0 à
3 (7, 14, 17) (Annexe 2). Les trémulations, l’irritabilité,
l’hyperréflexie, l’hypertonie et la tachypnée
(fréquence respiratoire supérieure à
55/min) sont les signes les plus impressionnants et donc
les plus notés (0 à 2 ou 3).
Les autres signes moins frappants sont l’importance
des selles, les éraflures de la peau (0 à
2), les éternuements et bâillements répétitifs,
les vomissements, la fièvre (0 ou 1).
Le score total va de 0 à 20 (des symptômes
significatifs donneront un score supérieur à
4). Il peut être utilisé 2 fois par jour, une
heure après un repas (7, 17).
En 1975, Finnegan et ses collègues notent chacun
des 20 symptômes les plus communs, sur une échelle
de 0 à 5, en fonction de leur absence ou présence,
de leur durée et intensité (Annexe 3).
On y retrouve par catégorie les troubles du SNC,
les troubles métaboliques et respiratoires, les troubles
gastro-intestinaux.
Par
exemple, on notera la sévérité des
trémulations (quand elles existent) de 1 à
4 selon qu’elles sont faibles ou sévères,
et provoquées ou non.
|
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Ou
encore, des selles normales donneront un score de 0, des
selles molles un score de 2, des selles liquides un score
de 3.
Si l’enfant éternue plus de 3 ou 4 fois de
suite ou éternue une ou deux fois mais fréquemment
dans l’intervalle séparant deux scores, les
éternuements ont la note de 1. Les scores sont ensuite
additionnés (7).
D’une façon générale, le score
de Finnegan est régulièrement évalué
toutes les 4 à 6 heures dans la journée. Il
permet l’adaptation des traitements du nouveau-né
en fonction de la symptomatologie (1, 6).
Par exemple, L. Franck et J. Vilardi évaluent les
enfants 2 heures après la naissance, ensuite, toutes
les 4 heures dans les 5 premiers jours de vie ou jusqu’à
ce que les symptômes diminuent. Si le score de 8 est
atteint, on note des périodes de 2 heures. Les observations
cliniques sont également reportées (le score
de chacun des critères indique la présence
des symptômes dans la période précédant
l’établissement du nouveau score total) (7,
8).
P. Benos établit également le score toutes
les 4 heures les premiers jours, et ce, jusqu’à
l’expression du syndrome de sevrage. Lorsque la symptomatologie
est bien contrôlée, le score est établi
toutes les 8 heures ; après quelques jours de stabilité
clinique, le traitement est diminué progressivement,
le contrôle devant être maintenu au moins 48
h après son arrêt (6).
Le syndrome de sevrage est dit minime ou moyen tant que
le score de Finnegan reste inférieur à 11
(C. Lejeune, (1)).
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| Scores
: conclusions |
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Parmi
les méthodes reconnues, on compte celles d’Ostrea,
Lipsitz et Finnegan :
- Les 6 points d’Ostrea sont très abordables,
mais cette méthode est limitée par l’usage
d’un simple classement plutôt qu’une échelle
numérique, empêchant ainsi d’additionner
les sévérités des divers symptômes
d’un syndrome de sevrage.
- Le score de Lipsitz, avec 11 symptômes pris en compte,
présente l’avantage d’être un système
numérique relativement simple.
- Plus complet, le score de Finnegan comprend non moins
de 31 critères, ce qui peut être lourd au quotidien
dans un service clinique bien occupé.
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NB
: notons que ces scores peuvent parfois manquer de précision
pour des symptômes d’importance moyenne ( L.
Franck et J. Vilardi, (7)).
En conclusion, ces scores permettent de distinguer précisément
l’absence et la présence d’un syndrome
de sevrage aux opiacés chez le nouveau-né
ainsi que sa sévérité.
En outre, ils vont guider l’action thérapeutique.
En
effet, indépendamment du système choisi, l’utilisation
de scores permet une meilleure objectivité quant
aux modes de prise en charge de l’enfant (notamment
instauration et modifications d’un traitement) (14).
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| 4.
PRISE EN CHARGE |
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Le
syndrome de sevrage est un moment difficile à vivre
pour l’enfant et pour la mère car il perturbe
les relations mère-enfant. Les enfants apparaissent
difficiles, peu valorisants pour des mères elles-mêmes
en souffrance… (1).
En maternité, des structures type « unité
Kangourou » ou « secteur mère-enfant
» doivent être privilégiées pour
l’accueil de ces patientes, afin de maintenir autant
que possible le nouveau-né auprès de sa mère
et favoriser leur attachement. Pour une bonne prise en charge
de l’enfant, la maman doit être préparée
et accompagnée par le personnel soignant, y compris
les pédiatres (1, 6).
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En
effet, les jeunes mamans sont souvent décrites comme
« perdues, dépassées par les événements
» ; certaines d’entre elles sont irritables,
voire agressives, ou même incohérentes, refusant
de se laisser examiner par exemple (30).
Selon J. P. Aubert, dans la majorité des cas, aucun
traitement médicamenteux n’est nécessaire
pour l’enfant si la mère est prévenue
de la symptomatologie et peut « faire face »
par un « nursing » très attentif de son
bébé, pendant les quelques heures ou jours
d’un syndrome de manque léger (16).
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| 4.1.
LE NURSING |
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Ce
« nursing » montre l’aspect psychologique
du traitement du sevrage : pour un syndrome d’intensité
faible à modérée (score de Finnegan
< 7), le simple fait de s’occuper du nouveau-né,
de le bercer (contacts maternels), améliore son état.
Le traitement initial consiste donc à ce que la mère
berce son enfant pour diminuer son irritabilité.
A cela, on ajoutera des conditions de repos et de calme
(ambiance tamisée) pour la mère et son enfant,
afin de réduire les stimuli sonores et lumineux (l’emmaillotement
y contribuerait (14)) (11). Cet « aménagement
de l’environnement » est jugé inefficace
par certains (23). Le nouveau-né doit être
encouragé à manger (en petites quantités
et fréquemment) ; si nécessaire, on utilisera
des laits épaissis anti-régurgitations (1,
6).
NB : Aux dépenses caloriques dues aux activités
du bébé, il faut ajouter les pertes consécutives
aux vomissements et diarrhées.
La
ration de calories peut être évaluée
quotidiennement afin de fournir les 150 à 250 cal/kg/jour
nécessaire à la bonne croissance du nouveau-né
souffrant de syndrome de sevrage (14).
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Si
la ration alimentaire, hydrique et calorique, ne peut être
prise de façon satisfaisante ou en présence
de troubles digestifs, il faut recourir à l’alimentation
entérale par sonde ou aux perfusions (sérum
glucosé à 10 %, 100 ml/kg/jour enrichi de
2 mEq/kg/jour de sodium et potassium) (18).
Une tétine sera utilisée en dehors des prises
de nourriture pour les succions excessives.
On
préviendra ou minimisera les complications telles
que les excoriations cutanées par des draps doux
(7, 13).
Ce nursing doit être complété par une
surveillance des rythmes de sommeil, de la température,
du poids, ou de toute modification clinique que pourrait
occasionner une autre pathologie (14).
Bien sûr, le nouveau-né sera transféré
en Néonatalogie si le syndrome de sevrage est grave,
à risque de déshydratation ou de convulsions
et naturellement s’il y a prématurité
ou RCIU (1).
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| 4.2.
L’ALLAITEMENT |
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La
méthadone, comme l’héroïne, passe
dans le lait maternel, mais de faibles quantités
sont détectées. Les doses ingérées
par le nouveau-né sont donc faibles (11, 16). Ainsi,
l’allaitement n’est pas contre-indiqué
chez la femme sous méthadone, mais certaines recommandations
de prudence s’imposent.
Plusieurs
paramètres sont à prendre en compte :
- les sérologies maternelles et le risque de transmission
(notamment pour le Sida) doivent être évalués
pendant et après la grossesse car cette infection
contre-indique l’allaitement ;
- la mère consomme-t-elle d’autres produits
? Peut-on évaluer son risque de rechute ? Par exemple,
la cocaïne passe dans le lait et on peut craindre des
intoxications avec notamment des troubles respiratoires
chez le nouveau-né (1, 2, 13, 31) ;
- l’allaitement peut être plus facilement proposé
si la dose journalière de méthadone est inférieure
ou égale à 30 mg, car au-delà, il y
a risque de syndrome retardé, alors sans suivi médical.
Ce risque existe aussi si l’allaitement est prolongé
(11, 32). Remarque : certains auteurs ont trouvés
de faibles taux dans le lait de mamans maintenues à
50 mg et aucun effet secondaire ne semble avoir été
constaté chez des enfants dont les mères recevaient
de 50 à 80 mg de méthadone par jour (31).
Mais de plus amples recherches sont nécessaires pour
conclure.
On notera que la méthadone atteint sa concentration
maximale dans le lait maternel 4 heures environ après
son ingestion.
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Afin
d’éviter d’allaiter le nouveau-né
lors du pic de concentration, certains suggèrent
de donner la dose quotidienne de méthadone après
une tétée et de nourrir l’enfant avec
un lait pour nourrisson au repas suivant. Ceci réduirait
alors la quantité totale de méthadone reçue
par le nouveau-né (31).
Ainsi, en cas
de sérologies négatives et de toxicomanie
bien contrôlée, certains conseillent l’allaitement.
En effet, ses bénéfices immunologiques et
relationnels sont essentiels.
Il semble que l’allaitement peut limiter (voire même
traiter) les conséquences du sevrage chez le nouveau-né
(1, 11, 32).
Les avis diffèrent
néanmoins, les quantités de méthadone
dans le lait ne permettant pas de maintenir les concentrations
auxquelles le foetus était exposés in utero
(2, 33).
NB : Le Subutex®, d’usage plus récent
que la méthadone et donc moins étudié
dans ce cadre, est contre-indiqué lors de l’allaitement,
« du fait de son passage dans le lait maternel et
de ses propriétés morphiniques » (34).
Mais par exemple, Jernite a dosé la buprénorphine
et son métabolite, la norbuprénorphine, dans
le lait de 4 mamans sous Subutex® (0.4 mg, 2 mg, 4 mg
et 6 mg respectivement) (35). La quantité de buprénorphine
absorbée par l’enfant restait faible pour les
doses maternelles les plus élevées, ne contre-indiquant
pas l’allaitement (36). Néanmoins, cela ne
suffit pas à prévenir le syndrome de sevrage
observé chez les deux nouveau-nés des mères
sous 4 et 6 mg.
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| 5.
TRAITEMENT MEDICAMENTEUX |
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Actuellement,
il n’existe pas de consensus concernant le traitement
médicamenteux du syndrome de sevrage néonatal
(9).
Notons que 50 à 70 % des nouveau nés exposés
aux opiacés en ont besoin pour contrôler les
signes (7).
Selon certains auteurs, le syndrome peut même mettre
en jeu le pronostic vital s’il est sévère
et non traité (1, 11).
La technique apparemment logique pour atténuer le
syndrome de sevrage est l’utilisation de médicaments
de la même classe que la molécule responsable
du syndrome, à savoir les opiacés.
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Par
exemple, aux Etats-Unis, la seule thérapie approuvée
en 1998 par la Food and Drug Administration (US FDA) pour
le traitement d’un sevrage aux opiacés est
la méthadone. Néanmoins, en pratique, de bons
résultats ont été rapportés
avec d’autres médicaments, opiacés ou
non : morphine, Elixir parégorique, ou encore diazépam,
chlorpromazine… (8, 14, 23).
Remarque : Selon l’AAP, des solutés intraveineux
et des électrolytes peuvent être nécessaires
pour stabiliser l’enfant dans la phase aiguë
sans avoir recours forcément au traitement pharmacologique
(14).
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| 5.1.
CONDUITE DU TRAITEMENT |
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La
décision d’instaurer une médicalisation
est individualisée en fonction de la sévérité
des symptômes :
- les enfants, dont l’exposition à une drogue
a été confirmée, mais qui ne présentent
pas de signes de sevrage, n’ont pas besoin de traitement
(13, 14) ;
- on traite le nouveau-né si les symptômes
tels que la perte de poids due aux diarrhées, aux
vomissements, à la fièvre ou encore à
la tachypnée sont assez importants pour menacer l’équilibre
physiologique de l’enfant (la sévérité
du syndrome étant évaluée grâce
aux observations cliniques et aux scores) (7, 14).
Remarque
: F. Hervé propose un traitement préventif
chez tout nouveau-né de mère substituée
(1).
Pour initier le traitement selon les scores, les avis diffèrent.
J. Bouchez et C. Carlus considèrent que l’évaluation
faite à partir du score de Finnegan et par des mesures
répétées implique un traitement par
des opiacés à partir d’un score général
supérieur à 11, ou à 2 reprises supérieur
ou égal à 8 et un avis clinique (11).
D’autres préconiseront un traitement sédatif
pour des scores de Finnegan supérieurs à 7
(à au moins 3 reprises selon F. Ferraro) ou pour
des syndromes de sevrage sévères (par exemple,
2 scores supérieurs à 12 (7)) (27, 29).
|
|
La
majorité semble néanmoins initier un traitement
médicamenteux lorsque le score de Finnegan est supérieur
(ou égal) à 8 au moins à 2 reprises
(pour S. R. Kandall, 3 scores consécutifs de 8 ou
plus chacun) (1, 7, 8, 37)
Le
score est ensuite évalué (toutes les 3 à
4 heures selon les possibilités) pour adapter le
traitement en fonction de l’évolution, et ceci
de la façon suivante la plupart du temps :
- si le score augmente, le traitement l’est aussi
(le traitement est ainsi progressif jusqu’à
l’extinction des signes de manque) ;
- lorsque le score est stable, on ne change rien (c’est-à-dire
qu’une fois les symptômes contrôlés,
le traitement est maintenu 3 à 5 jours) ;
- les symptômes disparaissant, le score diminue. Les
médicaments (et en particulier les opiacés)
sont alors administrés à dose dégressive
(1).
La réponse clinique de l’enfant au traitement
médicamenteux est suivie grâce aux scores.
Ceux-ci aident à choisir le moment approprié
pour diminuer les doses de la molécule, de manière
progressive et avec une observation rigoureuse (1, 11, 13,
14).
NB : Quand les dérivés morphiniques sont
diminués progressivement, des signes de manque modérés
peuvent réapparaître. Selon J. Bouchez et C.
Carlus, la reprise des opiacés peut alors être
évitée par les soins environnementaux et le
nursing évoqués précédemment
(11).
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| Critères
d'efficacité thérapeutiques |
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Dans
tous les cas, seront estimés comme des critères
d’efficacité thérapeutique (et ceci,
en plus du contrôle des symptômes) :
- la bonne prise des biberons,
- la qualité du sommeil,
- une courbe pondérale ascendante pendant 3 à
5 jours autorisant la réduction progressive des doses
par paliers successifs.
A.
Bourrillon signale qu’en aucun cas, l’irritabilité,
les trémulations ou les troubles du sommeil susceptibles
d’être observés jusqu’à
l’âge de 6 mois, ne sauraient à eux seuls
prolonger la durée du traitement (12).
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Concernant
la durée du traitement, celui-ci peut se prolonger
jusqu’à 4 à 6 semaines, selon F. Hervé
(1). Pour la majorité des auteurs, l’idéal
est d’arrêter le traitement médicamenteux
avant la sortie de la maternité.
Remarque : Les médicaments, quels qu’ils
soient, seront administrés au moment des biberons
afin de respecter les phases de sommeil de l’enfant
(il faut éviter de réveiller le nouveau-né
pour leur administration) (9, 11).
.
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| 5.2. LES MORPHINIQUES |
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| 5.2.1. La morphine |
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En
France, le nouveau-né est traité de façon
symptomatique par de la morphine le plus souvent, sous des
formes diverses.
En première intention, on utilise souvent le chlorhydrate
de morphine, analgésique en solution buvable.
Les différentes publications sont assez disparates.
En effet, les recommandations se font soit en gouttes (ce
qui est plutôt aléatoire), soit en mg de morphine
base, en mg de chlorhydrate de morphine, ou encore en ml
de la solution en question (ces données étant
plus précises). De plus, les posologies peuvent différer.
NB : N’oublions pas que la prescription des morphiniques
doit être individuelle et nominative et que la conservation
du produit doit se faire dans un endroit sous clef (régime
des stupéfiants) (11).
La solution orale de morphine peut avoir la formule suivante
:
- 10 ml de morphine à 0.1 % (chlorhydrate de morphine
trihydraté à 10 mg/10 ml, soit en base anhydre
7.6 mg/10 ml),
- 90 ml d’eau stérile.
ce qui fait une solution buvable aqueuse à 0,01 %
de chlorhydrate de morphine soit 0,076 mg/ml de morphine
base.
NB : Il existe des solutions buvables en ampoules de
10 ml à 10 mg/10 ml, ou 20 mg/10 ml, composées
de chlorhydrate de morphine trihydraté, avec comme
seul excipient de l’eau ppi (soit en base anhydre
7,6 mg/amp ou 15,2 mg/amp) (Cooper, Vidal 2000 ®).
J.
Bouchez et C. Carlus recommandent la solution buvable de
morphine base à 0.02 à 0.04 mg/kg toutes les
4 à 6 heures, soit environ 0,26 ml à 0,52
ml/kg/prise de la solution citée précédemment
en exemple.
|
|
La
posologie peut être augmentée par paliers de
0,02 mg/prise (soit 0,26 ml/prise), et ce, jusqu’à
la dose adéquate (qui est maintenue 3 à 5
jours) (11).
D’après M. Vibert (et selon l’AAP), le
traitement repose sur une solution aqueuse à 0,02
% (1 ml = 0,2 mg de chlorhydrate de morphine), à
la dose de 0,02 à 0,04 mg/kg de chlorhydrate de morphine
toutes les 4 heures sans dépasser 0,12 mg/prise.
On adapte la posologie en fonction du score de Finnegan
: si le score augmente, on ajoute 0,01 mg/prise/jour ; s’il
diminue, on enlève progressivement 0,01 mg/prise
tous les 2 jours (1).
D’autres préconiseront des doses plus élevées
: par exemple, la solution de chlorhydrate de morphine peut
être utilisée à la dose de 0,056 à
0,075 mg/kg toutes les 4 à 6 heures (9). Ou encore
la solution orale de chlorhydrate de morphine à 10
mg/10 ml est prescrite à la dose initiale de 0,5
mg/kg/jour en 4 prises, éventuellement augmentée
à 0,75 ou 1 mg/kg/jour. La posologie est ensuite
diminuée progressivement par paliers de 2 à
4 jours selon le suivi du score (37, 38).
On recommande de ne pas dépasser la dose de 1 mg/kg/jour
(risque de détresse respiratoire).
Remarque : Certains ont suggéré d’utiliser
la morphine par voie IV pour traiter le syndrome de sevrage.
Ceci semble peu pratique et les formulations peuvent contenir
des sulfites, éventuellement responsables de réactions
allergiques de type anaphylactique. Il ne faut pas oublier
qu’une dose parentérale a plus d’effet
qu’une dose identique per os (14, 31).
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| 5.2.2. Les dérivés morphiniques |
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D’autres morphiniques existent pour traiter les nouveau-nés.
Ainsi, l’Elixir parégorique fut l’un des premiers traitements du syndrome de sevrage aux opiacés chez le nouveau-né (14).
NB : Il est aussi appelé Teinture d’opium benzoïque camphrée, dénomination usitée mais impropre (39). Là aussi, les posologies énoncées dans les différentes publications diffèrent quelque peu. En effet, elles sont faites, soit en gouttes (mais alors par quel compte-gouttes ?), soit en ml, et les concentrations citées, bien que voisines, ne sont pas forcément identiques.
L’Elixir parégorique contient de la poudre d’opium, de l’acide benzoïque, de l’essence d’anis, du camphre et de l’alcool à 60° (11).
En France (Codex 1965), les proportions sont les suivantes (en grammes) (39, 40) :
- poudre d’opium : 5
- acide benzoïque : 5
- essence d’anis : 5
- camphre (naturel ou synthétique) : 2
- alcool à 60 ° : 985 (macération 8 jours puis filtration)
NB : 10 g de ce produit contiennent 0.05 g de poudre d’opium, soit 5 mg de morphine (la poudre d’opium renfermant 10 % ± 0,2 % de morphine) (39).
|
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Ainsi, l’Elixir parégorique a une concentration d’environ 0.45 mg/ml de morphine base pour certains (11) ou 0,05 % (soit 0,5 mg/ml) pour d’autres, 10 gouttes représentant 0,1 mg de morphine selon A. Bourrillon, C. Lejeune, et C. Olivier (12).
En France, on recommande l’Elixir parégorique à raison de 2 à 4 gouttes/kg toutes les 3 à 4 heures (en fait, 4 à 6 prises régulièrement réparties sur 24 heures), sans dépasser 12 gouttes/prise (soit 0,12 mg selon l’équivalence citée par Bourrillon) (6, 15).
NB : on remarquera que ces doses correspondent à celles de la solution buvable de morphine (0,02 à 0,04 mg/kg toutes les 4 à 6 heures).
Pour un bébé né à terme, la posologie initiale alors recommandée est de 0.1 ml/kg lors des repas toutes les 4 heures. Ce qui fait 0.04 mg/kg/prise (soit 2 gouttes/kg/prise selon l’article américain en question : on ne peut alors pas utiliser l’équivalence en gouttes citée (14). Ceci souligne l’importance de raisonner en termes de concentration et volume (et non en gouttes) pour éviter les erreurs).
On peut augmenter la dose de 0,1 ml/kg toutes les 3 à 4 heures jusqu’au contrôle des signes. Une fois les signes maîtrisés pendant 3 à 5 jours, les doses doivent être diminuées graduellement (mais sans modifier l’intervalle des prises) (14, 23).
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| Etudes sur l'Elixir parégoriques |
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D’autres publications américaines recommandent de débuter par des doses de 0,2 ml (soit 0.08 mg) toutes les 3 heures. Cette dose peut être augmentée de 0.05 ml (0,02 mg) à chaque prise jusqu’à une dose maximale de 0,4 ml (0,16 mg) si le syndrome ne s’atténue pas. Une fois le nouveau-né stabilisé, la dose est maintenue 3 à 5 jours puis diminuée par paliers de 0,05 ml chaque jour.
Le traitement peut être arrêté une fois le sevrage contrôlé pour une dose de 0,05 ml toutes les 3 heures, mais le nouveau-né doit être surveillé pendant un à deux jours à l’hôpital (S. R. Kandall, (8)).
L. P. Finnegan et K. Kaltenbach proposent une administration toutes les 4 heures, avec un dosage basé sur la sévérité du score et sur le poids de l’enfant (doses globalement plus importantes que précédemment).
Les nouveau-nés avec des scores de Finnegan de 8 à 10 sont traités avec une dose totale de 0,8 ml/kg/jour (0,32 mg/kg/jour) ; quand le score est de 11 à 13, on utilise 1,2 ml/kg/jour (0,48 mg/kg/jour), de 14 à 16 : 1,6 ml/kg/jour (0,64 mg/kg/jour) et pour 17 et plus : 2 ml/kg/jour (0,8 mg/kg/jour).
Une fois l’enfant stabilisé, on réduit chaque jour les doses de 10 % par rapport à la dose quotidienne totale, en suivant la sévérité des scores. On arrête de traiter une fois la dose de 0,5 ml/kg/jour atteinte (0,2 mg/kg/jour) avec stabilité de l’enfant (8).
L’Elixir parégorique semble traiter à la fois les troubles centraux et gastro-intestinaux : il est particulièrement actif pour prévenir les convulsions, calmer l’agitation (18, 23) et améliorer le comportement digestif en cas de diarrhée (l’effet antidiarrhéique est obtenu plus aisément avec l’opium qu’avec la morphine) (24, 39).
|
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En comparaison avec les nouveau-nés sous diazépam ou phénobarbital (que l’on verra plus loin) et selon l’AAP, les enfants traités avec l’Elixir parégorique présentent une assimilation améliorée des éléments nutritifs et un gain de poids supérieur. Les troubles de la succion semblent être corrigés plus vite qu’avec les autres médicaments (traitement plus « physiologique » avec un temps de succion et une pression meilleurs) (14, 24).
Une étude sur 176 enfants a démontré que, comparativement au phénobarbital et au diazépam, l’Elixir parégorique diminuait la durée du traitement (7, 8). Mais sur ce propos, on ne peut tirer de conclusion car les résultats des différentes études ne concordent pas.
M. Jernite évoque une amélioration moins rapide et une durée de traitement plus longue avec l’Elixir parégorique qu’avec le chlorhydrate de morphine (9).
Actuellement, les pédiatres utilisent moins cet Elixir parégorique en raison des effets toxiques potentiels et connus de ses composants (14, 39) :
- En plus de la morphine, la poudre d’opium contient des dérivés isoquinoléiques et notamment la thébaïne ou la noscapine, qui peuvent s’avérer convulsivantes.
- Le camphre, stimulant du SNC, peut entraîner à doses excessives des accidents à type de convulsions chez le nourrisson (de plus, il est éliminé lentement du fait de sa grande liposolubilité et de la glucuronoconjugaison nécessaire à son excrétion urinaire).
- L’Elixir parégorique contient de fortes proportions d’éthanol (la poudre d’opium y est très soluble), mais celui-ci est dépresseur du SNC et responsable d’accoutumance.
On citera pour mémoire la Teinture d’opium, solution alcoolique d’extrait d’opium, beaucoup plus dosée que l’Elixir parégorique, et qui, de ce fait, est difficilement utilisable chez le nouveau-né (à moins qu’elle ne soit très diluée) (14, 15).
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| La méthadone |
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La méthadone a été utilisée pour traiter le syndrome de sevrage aux opiacés chez un petit nombre d’enfants aux Etats-Unis (la formule américaine contient de l’éthanol).
Les doses initiales étaient de 0,05 à 0,1 mg/kg toutes les 6 heures, avec des augmentations de 0,05 mg/kg/prise jusqu’au contrôle des signes (A. Bongain, M. Huss et J. Y. Gillet citent une dose moyenne de 0,25 mg toutes les 6 heures, avec au maximum 0,5 mg par dose).
Une fois les symptômes contrôlés, la méthadone peut être administrée toutes les 12 à 24 heures puis cessée après un sevrage de 0,05 mg/kg par jour.
Une fois le traitement interrompu, on constate une baisse régulière des concentrations plasmatiques du fait de la longue demi-vie de la méthadone (7, 14, 23, 29).
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Selon C. Martin, la méthadone a été employée avec de bons résultats mais moins constants que ceux obtenus avec l’Elixir parégorique, surtout en ce qui concerne la prévention des convulsions (18).
On constate ainsi que les avis diffèrent selon les morphiniques, avec néanmoins une certaine cohérence. On retiendra que les schémas thérapeutiques comportent 4 à 6 prises par jour, avec des doses pouvant être augmentées en fonction des scores (et donc de la symptomatologie), puis diminuées progressivement par paliers jusqu’à l’arrêt.
On retiendra également que les morphiniques utilisés permettent de réduire le syndrome de manque, de poursuivre l’alimentation régulière et préviennent des crises convulsives (11). Si nécessaire, on pourra utiliser d’autres traitements en fonction de la clinique.
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| 5.3. ALTERNATIVES |
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D’autres médicaments peuvent êt | | |