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COMMENT OBTENIR LE MEILLEUR DU TRAITEMENT
PAR LA METHADONE ?
QUELS SONT LES FREINS A UNE PRESCRIPTION PLUS ADEQUATE ?
Andrew BYRNE et Richard HALLINAN, Redfern, Australie
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Le Flyer N° 17, septembre 2004
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Résumé
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Cet article présente quelques
stratégies d'amélioration des résultats
du traitement par la méthadone. Posologie, doses à
emporter, et soutien psychosocial peuvent avoir des effets
marqués sur l'efficacité du traitement en maintenance
par la méthadone (MMT).
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Nous suggérons ici quelques
approches pratiques du patient pour qui le traitement ne se
passe pas bien.
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Les
patients requièrent une posologie
suffisamment
élevée et un soutien psychosocial adéquat
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Bien que depuis 30 ans la méthadone
ait été le traitement de choix de la dépendance
à l'héroïne, une quantité non négligeable
de patients ne satisfont pas aux critères de réussite
du traitement. De nombreuses études ont montré
de façon claire et constante que pour optimiser les
résultats, la posologie doit être adaptée,
et qu'un soutien psychosocial adéquat ainsi qu'une
flexibilité d'adaptation de la posologie sont également
nécessaires. Ceci doit avoir comme conséquences
un meilleur maintien en traitement, une diminution de la consommation
de drogues illicites et une diminution des comportements à
risque, comme le partage des seringues et les rapports sexuels
dangereux.
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Dole
rapporte que lorsque la posologie de méthadone est
adéquate, l'utilisation d'héroïne devrait
être complètement éliminée chez
95 % des patients dépendants en traitement (1).
Appuyées par la littérature,
les 'recommandations' dans plusieurs pays préconisent
de 60 mg à 120 mg par jour en maintenance ou «
plateau » pour la majorité des patients (2).
Cependant, beaucoup de patients se voient souvent prescrire
une posologie inférieure malgré des résultats
prévisibles insatisfaisants (3). Quelques raisons évoquées
ci-dessous tentent d'expliquer ceci.
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Tolérance
croisée entre l'héroïne et la méthadone
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Puisqu'il
existe une tolérance croisée avec d'autres
opiacés, les patients qui continuent à consommer
de l'héroïne régulièrement devraient
avoir besoin de plus de méthadone.
Si
l'utilisation de l'héroïne est sporadique et
en faible quantité, il devrait être conseillé
aux patients de maintenir leur posologie habituelle et de
rechercher d'autres facteurs responsables de ces prises
nécessitant une prise en charge.
Lorsque la consommation d'héroïne
se fait plus régulièrement, il faut envisager
d'augmenter la posologie.
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Il
est important d'éviter le risque d'une toxicité
clinique ou d'une sédation excessive par l'anamnèse
et l'examen clinique.
Cependant, pour les sujets très
jeunes, les séropositifs et ceux qui prennent plus
de 150 mg par jour, l'adaptation à la hausse doit être
soutenue par un examen clinique formel réalisé
3 heures après une prise supervisée. Ceci constitue
également une sécurité pour ceux qui
travaillent, conduisent, ou manipulent des machines, etc.
Les hausses de posologie se font habituellement par paliers
de 10 mg, en attendant au moins 3 jours à chaque fois,
avec un examen clinique approprié avant chaque augmentation.
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Méfaits
d'une posologie inadéquate
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L'utilisation
d'une posologie inadéquate de méthadone peut
également conduire à une augmentation de la
consommation de cocaïne (5).
Les
patients qui reçoivent une posologie inadéquate
de méthadone trouvent parfois qu'il est plus difficile
de s'arrêter de boire ou de prendre des benzodiazépines.
Et plus grave, ils arrêtent parfois le traitement.
La posologie d'un patient doit
être suffisante pour réduire ou même supprimer
l'envie pendant 24 heures.
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Certains
patients auront d'autres symptômes comme un malaise
général ou une dépression marquée
qui peut être l'indicateur d'une posologie inadéquate.
Un « test thérapeutique
» avec une posologie plus élevée peut
prouver la responsabilité d'une posologie inadéquate
dans l'apparition de symptômes. Certains de ces patients
sous-dosés reprennent de l'héroïne, alors
que d'autres « souffrent juste en silence ». Dans
les deux cas, il est peu probable que le but thérapeutique
soit atteint.
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Métabolisme
et augmentation de la tolérance
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Les
patients qui semblent avoir besoin de plus de 120 mg par
jour ont soit un métabolisme rapide, soit une tolérance
plus forte que la normale. Une faible proportion des patients
semble appartenir à cette catégorie. Le métabolisme
de la méthadone dépend des systèmes
du cytochrome P 450 et d'autres sous-systèmes enzymatiques
propres à chaque individu. A notre connaissance,
il n'existe pas de relation démontrée entre
les prises d'héroïne précédentes
et les besoins en méthadone. La nécessité
d'augmenter la posologie chez des patients apparemment stables
est parfois dû à un métabolisme accru,
par exemple lors de la grossesse ou d'interactions médicamenteuses
notamment avec les anti-convulsivants et les antirétroviraux.
Bien que l'existence d'une recherche
rigoureuse permet de guider l'augmentation de la posologie
jusqu'à 120 mg par jour, les prescriptions d'une posologie
plus élevée se font à partir de bases
pharmacologiques et thérapeutiques (voir Strang cité
ci-dessous).
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Ceci
est démontré par de nombreuses études
d'observation concernant une posologie allant chez certains
patients jusqu'à 200 mg par jour, en étant
sûre et efficace. Des études montrent que une
posologie encore plus élevée est nécessaire
pour environ 2 % de la totalité des patients, laquelle
devrait être délivrée dans des unités
spécialisées. L'étude de Dole sur la
méthadone en poudre de 1964 utilisait une posologie
allant jusqu'à 180 mg par jour (moyenne 103 mg, 10-180mg)
(4).
Strang
recommande que, mise à part une posologie habituelle
jusqu'à 120 mg, « une posologie plus élevée
soit requise, parfois, du fait d'une tolérance élevée
de la part du patient. comme lorsque les taux de méthadone
plasmatiques révèlent une posologie sub-thérapeutique
persistante. une posologie élevée peut réduire
la consommation d'héroïne et d'autres opiacés,
mais il faut faire attention en revanche lorsqu'une dépendance
à l'alcool ou aux benzodiazépines existe »
(2).
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« Les
freins à l'utilisation d'une posologie appropriée
» :
la peur d'une posologie élevée
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Patients
et personnels des centres de soins manifestent parfois
une réticence à l'utilisation d'une
posologie élevée. Il existe également
parfois une confusion entre la posologie recommandée
de départ de 30-40 mg par jour et la posologie
recommandée en maintenance de 60-120 mg. Ceci
pourrait être dû à un conservatisme
naturel ou un malentendu concernant le traitement.
Les effets secondaires peuvent parfois limiter l'efficacité
de la méthadone. Les patients supportent généralement
les effets secondaires mineurs comme l'hypersudation
ou la constipation. Lorsque les résultats ne
sont pas satisfaisants malgré les réajustements
de la posologie, il faut alors s'intéresser
à des méthodes alternatives, comme l'ajout
d'un antidépresseur, ou le changement de molécule
par un autre agoniste comme la buprénorphine.
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L'obtention
d'un deuxième avis peut également être
intéressant, dans cette situation.
Mis à part un effet sédatif
dans les premiers jours de traitement, la méthadone
a peu d'effets secondaires. Hypersudation et constipation
sont des effets secondaires fréquents et sont rarement
dépendants de la posologie. Baisse de la libido, impuissance
et irrégularité des cycles sont fréquemment
observés avec l'héroïne et s'améliorent
généralement avec la méthadone. Les améliorations
qui suivent les réajustements de la posologie sont
en général très satisfaisantes. Les effets
secondaires s'estompent facilement lorsque la posologie est
diminuée, une fois l'abstinence obtenue
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Posologie
et arrêt de la méthadone
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Une
inquiétude fréquente est l'idée
qu'une posologie plus élevée augmente
le délai d'arrêt de la méthadone.
Bien que ceci soit une inquiétude valable,
une posologie inadéquate et le maintien de
l'utilisation de l'héroïne retardent tout
autant les progrès. C'est lorsque les patients
ont une posologie faible que la diminution prend le
plus de temps, notamment en deçà de
30 mg.
Les
patients peuvent également exprimer leur peur
d'avoir besoin de la méthadone « toute
leur vie ». bien que cela ne s'applique qu'à
une minorité, ils doivent être rassurés
du fait que les ajustements de la posologie dans les
cas chroniques tendent à être moins supervisés.
Par exemple, aux Etats-Unis, une délivrance
mensuelle est maintenant approuvée pour les
cas chroniques et stables. |
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Ceci
constitue un changement important par rapport aux
visites quotidiennes ou tous les deux jours à
la clinique. Il a été montré
que le suivi deux fois par semaine est associé
à de meilleurs résultats (même
en début de traitement), comparé à
un suivi quotidien (7d). De nombreux rapports américains
sur l'efficacité thérapeutique à
long terme montrent qu'une surveillance quotidienne
stricte n'est pas toujours nécessaire (7efg).
Des
soutiens psychosociaux améliorés donnent
aussi de meilleurs résultats. Meilleure assistance,
aide financière, logement, formation professionnelle
sont susceptibles d'aider les patients à mieux
se réhabiliter socialement et à rester
abstinents vis-à-vis des drogues potentiellement
dangereuses et de l'abus d'alcool (7h).
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Stratégies visant à
encourager une prescription adéquate |
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Il
est parfois utile pour les prescripteurs de s'occuper
d'un patient instable de manière plus intensive.
Les consultations avec le médecin traitant
devraient probablement être régulières
et hebdomadaires tant que l'utilisation d'opiacés
illicites et/ou de stimulants est maintenue.
Dans
la plupart des cas, de telles visites ne doivent pas
excéder 20 minutes. Il est inutile de discuter
en même temps d'un certain nombre de problèmes,
comme la santé globale du patient, la posologie,
les effets secondaires, les changements de la posologie,
les heures de délivrance, les consommations
de drogues ou d'alcool, les marques d'injection, le
soin des veines, les finances, les problèmes
d'emploi et de famille. Certains de ces problèmes
devraient être abordés séparément
à chaque visite.
Il
est important de se concentrer sur les objectifs principaux
du patient et ce qu'il attend du traitement, ex :
épargner de l'argent, éviter les injections,
boire moins, avoir un emploi stable, des responsabilités
familiales, etc. Ceci est d'autant plus nécessaire
que l'utilisation concomitante d'une autre drogue
rend souvent ces buts plus flous.
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Des
notes doivent toujours être prises et inclues
dans le dossier pour servir de référence
par la suite.
Une
fois ces problèmes pratiques identifiés,
il faut apprécier la réponse du patient
au traitement, avec notamment la posologie actuelle
et les précédentes. Celles-ci doivent
être consignées. Il peut être utile
de signaler au patient les écarts importants
en ce qui concerne la posologie de méthadone,
afin de le sensibiliser à ces écarts.
Une telle information peut avoir un effet rassurant,
en éloignant la notion d'ajustement «
mineur » ou « fin » des doses autour
de la fourchette thérapeutique « normale
» qui va jusqu'à, disons, 150 mg par
jour. Il est alors pertinent de discuter des risques
et bénéfices d'une posologie plus élevée
chez chaque individu.
Les
effets secondaires sont en général peu
importants comparés à ceux liés
à l'utilisation prolongée de drogues
illicites. Cependant, les inquiétudes des patients
doivent toujours être prises au sérieux,
même si elles semblent ne pas être liées
au traitement.
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Rechutes |
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Le
patient a peut-être reçu dans le passé
des posologies plus élevées, et avec
de bons résultats.
Dans
notre expérience, la majorité des patients
qui rechutent gravement ont souvent besoin de reprendre
leur posologie maximale ou de « plateau »
pour se stabiliser à nouveau. C'est la même
forme de « recrutement » chimique que
l'on retrouve chez les fumeurs et les alcooliques
qui rechutent.
Certains
patients rapportent spontanément le fait qu'ils
ont pris de grandes quantités de méthadone
« de rue » et en décrivent les
résultats.
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« Avez-vous déjà pris de la méthadone
en plus ? » , « que s'est-il alors passé
? », « combien avez-vous pris ? »,
« étiez-vous 'stone' ? », «
avez-vous consommé d'autres drogues ou de l'alcool
ensuite ? », « avez- vous déjà
été en overdose ? ». Tout ceci
est alors recueilli dans le secret médical
le plus strict, il est important de le signaler, et
également que cela ne sera pas mentionné
dans le dossier du patient si celui-ci en fait la
demande. Une autre donnée intéressante
est l'aptitude du patient à essayer de l'héroïne
injectable prescrite : ceci définit le but
plus clairement. Dans notre expérience, la
plupart désirent s'éloigner de cette
approche, mais une minorité importante s'intéresse
à une telle perspective qui reste hypothétique
dans la plupart des pays.
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Les
taux sanguins résiduels - interprétation
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Une
autre approche dans les cas difficiles est la mesure
le taux sanguin « résiduel » (24
heures après une prise supervisée).
Ceci est recommandé au moins une fois, pour
la plupart des patients prenant une posologie quotidienne
supérieure à 120 mg, afin de documenter
un métabolisme rapide éventuel. C'est
une sécurité à la fois pour le
patient et le médecin.
Pour
ceux qui prennent d'autres drogues, le niveau se situe
souvent dans la tranche basse (< 0,2 mg/l), indiquant
la nécessité d'augmenter la posologie.
Cela indique aussi aux patients et aux prescripteurs
que la molécule ne s'accumule pas dans le corps,
pas non plus 'dans les os', ni qu'elle soit non plus
responsable d'effets secondaires liés à
une accumulation.
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Il
est très rare de trouver des valeurs au-dessus
du spectre thérapeutique (0,1-1,0 mg/l). Dole
a recommandé des taux sanguins résiduels
> 0,2 mg/l pour éviter le craving (1). Eap
a trouvé qu'au delà du seuil de 0,4
mg/l, l'utilisation de l'héroïne est exceptionnelle.
L'augmentation
de la posologie ne doit se faire qu'avec le consentement
du patient et lors de conditions cliniques particulières
telles que l'utilisation illicite de la drogue, la
persistance du craving, les insomnies, dépression,
etc. L'augmentation ne doit normalement être
considérée que lorsque les symptômes
ne s'amendent pas avec des mesures simples et avec
le temps.
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Inquiétudes
lors de l'utilisation de la méthadone pendant la grossesse
/ La peur de l'emprisonnement
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Certaines
femmes pensent que la grossesse est une bonne raison
pour diminuer la posologie, même lorsqu'elles
utilisent d'autres drogues. Cependant, dans un contexte
d'utilisation de l'héroïne, il est plus
important que jamais d'envisager d'augmenter la posologie.
Il est bien moins dangereux de prendre un peu plus
de méthadone et d'arrêter de consommer
une drogue de rue ou de l'alcool. Bien que l'abstinence
soit préférable, le risque de complication
foetale lié aux rechutes existe pendant les
périodes de stress qui accompagnent la grossesse,
même au cours de grossesses 'normales'.
Un
autre exemple commun de raisonnement des patients
est : « je vais peut-être être arrêté
et alors je serai incarcéré plus longtemps
si je prends une posologie plus élevée
! ». Les patients qui donnent des faux noms
lors d'infractions mineures ne vont pas facilement
réclamer la méthadone en leur nom propre.
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Nous
pouvons rassurer ces patients inquiets de deux façons.
Il
faut rappeler à ceux qui ont peur d'être
arrêtés que lorsqu'il prennent une posologie
de méthadone adéquate, ils ont probablement
moins de chances, en premier lieu, d'être appréhendés.
Et s'il est arrêté, un patient stabilisé
avec une posologie élevée adéquate
est probablement plus capable de fournir un bon dossier
de suivi et de progrès, ce qui rend la caution
(ou l'acquittement) plus probable.
Les
patients qui sont incarcérés peuvent
attendre un effort de leur médecin pour continuer
leur thérapie. Toutes les prisons ont des services
médicaux avec un accès aux médicaments
appropriés. La méthadone, et même
la buprénorphine, deviennent d'utilisation
routinière en prison et ce, dans le monde entier.
Ils y sont aussi efficaces et peuvent même être
plus nécessaires qu'en milieu ouvert, du fait
des risques sanitaires élevés en milieu
carcéral.
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La
peur de l'interruption du traitement
/ Intolérance aux additifs de la méthadone
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Nous
devons également rassurer les patients dans
le sens que leur traitement ne s'achèvera pas
de manière arbitraire. Il n'est plus acceptable
d'interrompre un traitement de manière abrupte,
surtout comme 'punition' pour avoir continué
à utiliser de la drogue. Si les problèmes
de comportement sont graves, les patients peuvent
être transférés dans un autre
service, pour qu'ils aient toujours une option thérapeutique
réaliste, même si cela est moins pratique.
Un
autre frein à l'utilisation d'une posologie
correcte peut se trouver dans les excipients variés
de la méthadone prescrite.
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Sorbitol,
alcool, conservateurs, parfums, colorants et autres
ingrédients semblent créer des réactions
indésirables chez certains individus. Une solution
sans sucre est maintenant disponible en Australie
et sa commercialisation a montré qu'une proportion
importante de patients sont beaucoup mieux sans les
additifs de l'ancienne préparation (7j).
Devant
la mauvaise santé dentaire de beaucoup de patients
sous méthadone, la solution pure ('Biodone
Forte') devrait maintenant probablement être
utilisée en première intention (ndlr
: en Australie, of course).
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En
résumé,
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Les patients instables et mécontents du traitement devraient appréhender avec soin le sujet de la posologie pendant une période de temps raisonnable avant de décider d'une augmentation. La posologie peut toujours être diminuée à nouveau (et progressivement) si cela est désiré. Il est très important que le patient ne se sente pas obligé de prendre une posologie plus élevée. C'est le patient qui subit les conséquences d'une augmentation ou d'une diminution de la posologie, et l'hypersudation et la constipation restent fréquentes.
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Les
études montrent que les bénéfices
sont accrus lorsque les patients sont directement
impliqués dans l'adaptation de leur posologie
(6,7). Cette sorte de partenariat thérapeutique
est considéré comme presque normal lorsque
des analgésiques, des antidépresseurs,
des antipsychotiques et des anxiolytiques sont utilisés.
Plus nous mettons d'énergie à faire
des évaluations attentives, et des prescriptions
réellement adaptées à chacun
de nos patients, plus ils vont en bénéficier,
et s'éloigner petit à petit de la dépendance.
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Remerciements et notes
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Remerciements
sincères au Dr Stefan Goldfeder qui a originellement
proposé ce sujet et a fait des commentaires
constructifs de l'article, plusieurs fois pendant
son élaboration.
1.
Dole VP. In Ball J, Ross A: The Effectiveness of Methadone
Maintenance Treatment. Springer-Verlag, New York 1986.
Foreword p viii.
2.
Drug Misuse and Dependence - Guidelines on Clinical
Management. 1999.The Stationary Office. Working Group
Chair: Strang J. http://www.open.gov.uk/doh/pub/docs/doh/
dmfull.pdf
3.
D'Aunno T, Folz-Murphy N, Lin X. Changes in Methadone
Treatment Practices: Results from a Panel Study, 1988
- 1995. American Journal of Drug and Alcohol Abuse
1999 25;4:681-700
4.
Dole VP, Nyswander ME. A medical treatment for diacetylmorphine
(heroin) addiction. J Amer Med Assoc 1965;193:646-50
5.
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Maintenance Treatment: The Importance of Methadone
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